« L’histoire n’est pas seulement le passé, elle est notre présent. »
(James Baldwin)

 

Origines


La Société d’Horticulture de Picardie (SHP) est née à Amiens en février 1844, sous le nom de Société d’horticulture du département de la Somme.
Elle s’inscrit dans le mouvement des sociétés savantes qui se développent alors en Picardie et se donne pour mission de diffuser les connaissances horticoles, d’améliorer les cultures et de promouvoir les jardins.
En février 1858, elle adopte son nom actuel : Société d’horticulture de Picardie. Dès ses débuts, elle rassemble des professionnels — horticulteurs, maraîchers, hortillons, fleuristes et pépiniéristes — ainsi que des jardiniers amateurs et des personnalités locales.

Une mission éducative


La société organise des expositions florales et fruitières, des concours, des conférences et des cours pratiques ou théoriques. Elle publie également des bulletins qui rendent compte de ses activités et témoignent de l’évolution des pratiques horticoles régionales.
Son influence s’étend progressivement aux professionnels, aux amateurs de toutes origines sociales et, à partir de la fin du XIXᵉ siècle, aux scolaires. Ses effectifs passent de quelques dizaines de membres à ses débuts à plus de 1 600 adhérents vers 1900.
La SHP est reconnue d’utilité publique en 1882, puis adopte en 1901 les statuts des associations régies par la loi de 1901.

L’hôtel d’horticulture

Après avoir occupé différents locaux à Amiens, la société achète un terrain rue du Boucaque en 1892. Cette rue devient ensuite la rue Le Nôtre, en hommage au jardinier de Louis XIV.
L’hôtel d’horticulture, conçu par l’architecte amiénois Anatole Bienaimé, est inauguré en mars 1898.
Le bâtiment est alors destiné à accueillir les activités, les réunions et les manifestations de la société. Jules Verne, qui en était membre, assiste à cette inauguration.

Les guerres et les transformations

Le bâtiment est épargné par les bombardements des deux guerres mondiales, mais il connaît plusieurs changements d’usage. Il sert notamment de pharmacie militaire pour l’armée française pendant la Première Guerre mondiale, puis est occupé par les Allemands en 1940 ; il accueille ensuite des locaux administratifs, sportifs et universitaires, ainsi qu’une salle de bal.
Les deux conflits mondiaux perturbent fortement les activités de la société. Une reprise s’amorce dans l’entre-deux-guerres sous la présidence d’Armand Jumel, puis une nouvelle dynamique horticole apparaît dans les années 1970 avec Paul Boudier, professionnel de l’horticulture.

Le renouveau de la SHP et l'héritage de Paul Boudier

C’est sous la présidence de Paul Boudier que la SHP retrouve ses lettres de noblesse et se structure pour entrer dans l’ère moderne. En réinvestissant les locaux historiques de la rue Le Nôtre et en relançant les grandes expositions, il réveille l’esprit de partage qui caractérise la société depuis sa fondation. Ce souffle nouveau a non seulement redynamisé la communauté horticole picarde, mais a également permis de sauvegarder et de transmettre un patrimoine documentaire exceptionnel.

L'héritage de Paul Boudier

Une histoire documentée

Les bulletins de la SHP, publiés de 1856 à 1939, constituent une source importante sur l’histoire de l’horticulture en Picardie et sur les pratiques de l’époque. La Société nationale d’horticulture de France a numérisé une partie de ces collections, notamment les volumes publiés entre 1874 et 1910.
La société a également conservé un fonds couvrant une période beaucoup plus large, de 1768 à 2002, aujourd’hui signalé dans le Catalogue collectif de France.

Découvrez les archives de la SHP

Plongez dans l’histoire de la Société d’Horticulture de Picardie à travers ses documents, bulletins, photographies et témoignages.
Ces archives offrent un regard précieux sur l’évolution de l’horticulture en Picardie et sur les femmes et les hommes qui ont contribué à faire vivre la société au fil des générations.
Vous pouvez également participer à l’atelier consacré aux archives pour contribuer à leur classement, leur valorisation et leur transmission.